De l’actualité pas si actuelle que ça

Mes chers lecteurs, vous connaissez tous mon inconditionnel amour pour le roman à clef, l’espionnage, les affaires policières et surtout les années 80 dont certaines affaires n’ont toujours pas été résolues.  Vous le savez bien, dans BrabanCIA je traite notamment des Tueries du Brabant wallon : ces faits divers et d’hivers pour lesquels les inquiétudes criminelles ont été assez rares, on peut le dire.

En pleine rédaction du deuxième tome, je guette le moindre article sur la chose et sur le périmètre élargi mais contextuel du bouquin.  J’adore, par exemple, recevoir des alertes Google qui m’avertissant de (pseudo) nouveaux faits.  Donc à chaque « bip » je checke — tel un magnat du désert — le sujet de l’alerte, pour souvent me répandre en jérémiade :  bouhouhou, encore une alerte qui ne sent pas « l’arrose pas trop, c’est inintéressant ».

A la messe de la vérification smartophonique de ce matin, quelle ne fut pas ma surprise de retrouver une alerte configurée dans des temps ancestraux (les temps où je matais encore le rouquin d’Hondelatte avec son invitation à faire entrer l’accusé dans mon salon) : l’alerte Grégory composée de mots clefs tels que Vologne, Villemin, Laroche etc.  Bien entendu, le tout englobé dans du booléen assez exclusif histoire de ne pas me taper : La Roche en Ardenne (pourtant le lieu d’une jolie scène dans le tome 1 de BrabanCIA), les camps de vacances près de la Vologne et autres superbes informations qui concernent cette si jolie région française que nous aurions dû refiler aux Chleuhs car ils en auraient peut-être fait quelque chose, dans le pire des cas, un parc à migrants !  Bon.

Non !  L’alerte est sérieuse.  Plus de trente ans après les faits tragiques, que nous reconnaissons tous grâce à Benoît Poelvoorde, j’apprends que deux nouvelles arrestations et un nouveau prélèvement ADN  ont été conduits par les enquêteurs.  Les mêmes enquêteurs (leurs petits-fils peut-être) qui ont merdé sur toute la ligne, et je ne parle pas des gendarmes mais bien des condés du quai qui ont repris la main sur un dossier fortement malmené par un juge Lambert qui n’est pas « où il sonne » (Wilson).  Alors quand la presse revient à la charge, elle qui n’a pas non plus été neutre, pour nous refourguer façon vendeur de boubous à Barbès, des articles « inédits » et autres infos « scoopantes » comme une CRTL-X sur un clavier PC, je me demande bien ce que la justice, les flics et la presse ont foutu durant toutes ces années !

À l’instar des Tueries du Brabant Wallon, la suie d’époque fait encore vendre !  J’en suis  peut-être le premier bénéficiaire mais, Moi Monsieur, je vends de la détente, de l’évasion, des faits réels travestis, un peu de cul, un peu d’action, un peu d’argot !  Je ne vends pas de l’insuccès, des ratages, ni même encore des tragédies !  Parce que des tragédies, dans cette affaire, il en a plu.  Certains ont même excité les dieux !  Pour finir par un papa qui venge, pensant bien agir, son petit !  Trahi par les journalistes qui l’ont pourtant « scénarisé », « scripté » cette scène du FAP (fusil à pompe) qui crache de la chevrotine en pleins poumons!

Parce que n’oublions pas quand même une chose, une vraie, établie, puissante, indéniable, c’est que ce 16 octobre 1984, la seule victime s’appelle Grégory !

Saint Val,

 

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