Ce n’est, peut-être, qu’une question de forme !

Quelque part en août 2018

Cet été, alors que 28 degrés pesaient sur le petit village des Fagnes belges où j’ai élu pénates, j’avais décidé de profiter de la fraîcheur nocturne de mon bureau pour m’extirper de la torpeur presque méditerranéenne, excuse d’autant plus valable que j’avais le tome 2 de BrabanCIA à terminer.

Me préparant pour ma séance d’écriture devenue quotidienne, j’avais pris pour habitude de surfer sur Facebook pour glaner quelques informations et surtout m’enquérir des vacances des autres, photos à l’appui et la bave aux lèvres. Je surfe, surfe encore, je plonge dans les méandres d’un mur Facebook quand subitement un « live » se met en place avec pour titre, en plein mois d’août : suivez en direct le conseil communal de votre commune !

Qu’à cela ne tienne. Je fonce sur la page en cliquant avec bravoure sur le lien pour passer en mode plein écran tout en me faisant la réflexion suivante : ça, c’est de l’initiative citoyenne. Il faut dire que vu la période estivale et la rareté de présence des participants actifs et passifs, le « boss » du conseil communal ne prenait pas un grand risque pour cette avant-première d’un genre nouveau. Mais revenons dans l’action…

Bref, je suis le débat filmé à partir d’un point de vue subjectif donnant une vision d’ensemble de la quasi totalité des mandataires. Un bon quart d’heure  passe, je ne regarde pas avec attention mais j’écoute ce qu’il se dit, les propositions et les autres rares doléances. Puis, mu par une sorte de pressentiment ou je ne sais quelle intuition, je décide d’être tant attentif au niveau des lobes que des globes. Habitué à analyser les choses, vous me connaissez hein, je lorgne d’abord en mode panoramique pour arriver petit à petit sur les détails.

Je zoome et zoome encore quand une bricole me pulvérise trois neurones. Oui, Messieurs, Dames, ce que vous allez lire dans ce qui suit est dément. L’échevin (comprenez conseiller municipal, mes amis Français) en charge de l’enseignement, ce garant des institutions éducatives, certes locales, LE professeur en chef, celui qui devrait faire montre d’une exemplarité totale est assis au conseil communal en short et en sandales. Je me pince presque, me demandant si la chaleur ne m’a pas filé une hallucination « tournante », et je regarde derechef les guiboles du bonhomme ! Un parfait short bleu à poches, façon fausse colonie, une belle paire de chaussettes (diantre, par cette chaleur) et deux magnifiques sandalettes dans lesquelles se débattent deux pieds ! Estomaqué, je coupe la page non sans avoir laissé un commentaire, comment dire, laconique.

Puis vinrent les Gilets Jaunes…

A l’heure où j’écris ces lignes nous voilà en veille de l’Acte IV des pérégrinations parisiennes de nos héros dont la toge n’est pas sans rappeler que l’homme pour se battre a un besoin farouche d’appartenir à quelque chose voire à quelqu’un. Depuis trois semaines, il faut être aveugle ou politicard pour ne pas comprendre que la rue gueule, que les choses ont changé en matière de respect. Eh oui ! Cela fait longtemps, je crois que les élus se foutent pas mal du petit peuple, attention pas celui qui est assisté ou le glandeur professionnel, non ! Le vrai petit peuple, celui qui bosse ou qui a bossé toute sa vie souvent dans le respect des règles.

Mais loin de moi l’envie de débattre des classes sociales et de tout ce charabia que les sociologues manipulent comme moi je manipule le clavier pour coucher les rocambolesques histoires de mon héros, mon Saint Val. Cela étant posé, comme disent les sociologues, les énarques et les autres races et voraces (oui, M’sieur, j’ai bien connu Coët), je me suis demandé pourquoi depuis peu tant de gens ne respectent plus leurs élus, les gens qui représentent (parfois) la majorité. J’ai creusé, surfé, lu, vu et écouté un tas d’informations, parfois brutes, parfois travaillées par ceux qui se disent les professionnels de la chose ! Et de plus en plus, un peu partout, venant de toutes les classes, il faut constater une explosion des actes irrespectueux envers nos élus. Alors, j’ai cherché, cherché encore et encore et j’ai enfin trouvé la réponse !

Ce ne sont pas tant les conneries, autres aberrations ou mensonges lancés au peuple qui le rendent furieux et irrévérencieux ! Non, la réponse se trouvait là, dans ma mémoire qui me rappelait ce conseil communal mené par un échevin de l’enseignement devenu depuis bourgmestre (comprenez le maire) en short et en sandales ! Et cette phrase d’un élu en « live » durant ce conseil qui répondait à mon commentaire où je m’insurgeais de cet état de fait en questionnant « où est l’exemple dans ce comportement », et cet élu de me répondre : cela n’empêche pas Lambert (prénom réel) de bien faire son travail !

Eh bien si M’sieur l’élu ! Cela empêche ! Au siècle passé, vous aviez des costumes, des cravates et vous vous teniez ! Aujourd’hui, il suffit de regarder nos hémicycles où sont débattus nos futurs et nos vies pour voir une bande de mal-mis scotchés à leur smartphone ne respectant plus les codes de la bienséance !

Je ne le souhaite pas, mais des lynchages sont à craindre, parce que sans la forme, on touche très vite le fond.

Saint Val,

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